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 l’amour à plusieurs (kady)

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MessageSujet: l’amour à plusieurs (kady)   Dim 16 Aoû - 0:01


LES JOLIES FILLES
ambiance musicale
Le lieu est noble, parfait, aristocrate. Les moulures au plafond n’ont pas un défaut, les dorures sur les miroirs et les encadrements de porte donnent des allures de chambre princière à la suite. Un écran géant s’étale sur le mur entre deux immenses portes fenêtres qui dévoilent de façon presque insolente la mer Méditerranée plate comme un lac. À l’arrière caché par deux portes coulissantes, un cali king size bed recouvert d’une ineffable parure de lit. Le milieu est grandiose, idéal pour perdre sa virginité de garçon.
- Alors m’a p’tite gueule, c’est ta dernière vraie soirée en tant que loup blanc? Le juif te regarde de ses yeux gris délavés, les pans de sa chemise en vrac et les cheveux en bataille. Il attrape tes épaules et fait mine de te masser.
- Me dis pas ça, je vais pleurer.
- Mais non ma poule, on a pas fait les choses à moitié pour cette soirée. dit Maxence, face à la télévision, télécommande en main, essayant avec difficulté de faire fonctionner la machine.
- Explique.
- Wallouh. Tu verras au moment venu, dit Jonas. Il se jette sur un des sofas et fouille dans son calbut avant d’en sortir un pochon rempli de poudre blanche. Sous ton regard perplexe, il s’affaire à la préparation d’une poutre. T’en veux?
- Casse-toi de là et range ça avant que je cartonne. T’as envie de lui mettre une gifle, mais tu ne veux pas gâcher le moment. Quel imbécile.
Dans un cri victorieux de Maxence, l’écran géant s’allume et vrombit dans le home cinéma un rap US daté. Tu te lèves et esquisses quelques pas de danse avant de disparaitre dans une des portes fenêtres, sur le majestueux balcon de la chambre, cigarette en bouche. Appuyé à la balustrade, ton regard se perd dans l’immensité de l’horizon et le paysage prend forme de tes pensées. Elles vont directement à Hortense, à cette soirée où tu vas célébrer ta nouvelle vie, celle qui partage la sienne. Au fond de toi, tu sais que c’est une mauvaise idée, depuis que tu as fait ta demande, tu ne sais plus si c’est un amour pur que tu as pour elle ou simplement de l’affection. Tu ne sais plus rien, tu te perds toi-même dans cette histoire. Tu ne sais plus si tu as fait ça pour faire plaisir à ta famille, pour te ranger définitivement, pour tirer officiellement un trait sur l’ancien sale gosse que tu étais; si tu as fait ça pour faire plaisir à Hortense ou simplement parce que tu le voulais vraiment.
À l’intérieur, à travers les basses lourdes de ce son crade, tu entends les hurlements de tes amis. Balançant la cigarette, tu rentres rapidement. Les deux compères se jettent sur toi en riant et criant toujours. Bras autour de ton épaule, Jonas lance un: MON POTE, LA SOIRÉE COMMENCE MAINTENANT! Il court jusqu’à la porte d’entrée qui s’ouvre sur trois créatures sorties des cieux. Les trois femmes sont plus belles les unes que les autres. Il y a une blonde à la chevelure de feu, emprisonnée dans une courte robe noire qui aurait pu être portée par Angelina Jolie sur les marches de Cannes, son air hautain la rend laide, l’autre est une asiatique, ses cheveux sont tirés en arrière dans une longue natte qui lui tombe au creux des reins, ses lèvres donnent l’impression d’avoir été gonflées à l’helium tant elles ont l’air de vouloir quitter son visage, elle n’en reste pas moins carrément bonne. Mais celle qui attire le plus ton attention, c’est la dernière à faire son entrée. Sa peau est sombre, ses yeux n’ont pas une couleur transcendante mais leur forme la fait ressembler à une panthère. Elle a un visage particulier et un air qui te tord les boyaux. Tu n’as jamais vu de beauté pareille. Tu ne la quittes pas des yeux, regard qu’elle te rend comme un échange de bons procédés. Mesdemoiselles. Jonas attrape le bras de l’asiatique et de l’amazone pendant que Maxence débarrasse miss Hilton de ses affaires. Mon beau Melka, joyeuse vie de garçon. Tu peux faire ton choix. Il plisse ses yeux blancs. Ou prendre les trois, selon l’humeur. Tu lèves les yeux au ciel avant de t’effondrer sur le divan, les yeux toujours rivés sur la noire. Elle te fait penser à ces gamines du quartier quand tu étais plus jeune, celles qui rêvaient de tout sauf de suivre le parcours de leur mère, qui se voyaient maquées à des joueurs de foot et priaient pour quitter cette vie de galère. Celles qui chantaient des sons de Notorious Big et dandinant leur corps d’enfant en bas des des blocs. C’était sûrement ça qui rendait cette call-girl si attrayante.
Cette soirée s'annonçait apothéotique.



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MessageSujet: Re: l’amour à plusieurs (kady)   Dim 16 Aoû - 2:21

sa proie

Aliyah sourit en gardant la bouche fermée, fixant son petit miroir pour appliquer correctement son blush. Puis elle efface un peu ce rouge à lèvres MAC brun qui déborde de ses lèvres fines, il est juste un ton plus clair que sa peau ébène. Elle lève les yeux, et sent un regard peser sur elle. C'est son voisin de terrasse, juste à droite. La quarantaine, des cheveux gris qui naissent, un ado qui pianote sur son IPhone installé face à lui. Elle est a cerné le personnage. Il lui adresse un sourire charmeur, elle guette ses mains. Marié en plus. Décidément, certains hommes n'ont aucun scrupules. Elle lui rend néanmoins son sourire, juste histoire d'être polie. Elle a pas le temps de bavarder, surtout pas devant son gosse. Et puis sa soirée est déjà réservée à un autre. D'autres.
Sophie, cette grande blonde aux yeux bleus et aux mensurations dignes d'une mannequin Victoria's Secret revient finalement de sa petite escapade aux toilettes. Elles sont prêtes à partir. Alors Aliyah range ses outils de travail dans son Louis Vuitton qu'elle n'a que trop peu utilisé à son goût, jette un billet de cinquante sur la table et se lève gracieusement, quittant le café. Bras dessus bras dessous, elles discutent avec Sophie en se rendant au fameux palace. Elle le connaît bien, ce palace. Cependant cette suite-là non. Et elle avait hâte de tout découvrir. Sophie, c'est sa collègue, sa sœur, son amie. Celle sans qui rien de tout ça n'aurait commencé. Alors elle lui voue une amitié , une admiration inconditionnelle. Elles parlent de leurs derniers rendez-vous, des demandes bizarres de certains clients. Elles en rient. Parce que tout ça les amuse. Ces hommes se croient puissants, ils pensent les posséder. Mais ce sont elles qui les dominent, ce sont eux qui les paient pour ne serait-ce que pouvoir leur parler.
Valentine les a rejointes en cours de route, juste devant l'hôtel. Elle a les pupilles dilatées et les joues rougies. Elle est pas clean. Ça ne rendra la soirée que meilleure. Dans l'ascenseur, retouches de dernière minute. Valentine remet son gloss et ressert un peu sa natte, Sophie étend encore ses longs cils avec du mascara et Aliyah elle, s'assure que ses cheveux lissés sont bien plaqués. Puis elle recale son soutien-gorge et le tintement de l'ascenseur leur indique qu'elles sont arrivées. La moquette absorbe le bruit de leurs pas, alors que les trois mousquetaires se pointent devant la porte qui ne tarde pas à s'ouvrir après que Valentine ait toqué. Un jeune homme, assez mignon, se présente et leur adresse de grands sourires en les reluquant. Au moins, il n'est pas moche à regarder.  
L'autre non plus, n'est pas moche à regarder. Mais c'est sans compter sur le dernier. Il a un teint mat, des yeux marron clair, noisette, caramel. Bordel, elle ne saurait en définir la couleur exacte, mais qui la pénètrent au plus profond de son être. Elle ne fuit pas, mais elle subit en silence son regard incandescent et lourd d'insistance. Elle le fixe aussi, elle savoure en silence la beauté de ses traits. Ses amis lui demandent de choisir, il ne répond pas. En attendant, rapidement, elles retirent une première couche de vêtements, sûrement pas la dernière. Le champagne est ouvert et coule, Aliyah sourit et applaudit avant de prendre deux coupes remplies. Ses yeux sont toujours rivés sur lui. Leurs regards ne se sont pas quittés plus de trois secondes. Sophie s'est déjà accaparée son gibier; Valentine idem. Alors Aliyah, de sa démarche féline marche jusqu'à se retrouver devant sa proie à elle. Elle lui tend un verre, un petit sourire en coin. Elle ne dit rien. En effet, elle ne s'était pas trompée. Bonne soirée à l'horizon.
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MessageSujet: Re: l’amour à plusieurs (kady)   Dim 16 Aoû - 13:18


quelques semaines plus tard.
Le dimanche était le jour où Kamel retournait à la cité pour déjeuner avec sa famille. À chaque fois sa mère mettait les petits plats dans les grands, elle se levait tôt le matin pour commencer à préparer le Mtewem et le tajine Loubya en se dandinant sur des vieux tubes d’Enrico Macias. Les réjouissances se déroulaient généralement correctement jusqu’à ce qu’on commence à parler de la situation de Mohamed. Ta mère ne supportait pas de le voir reprendre le flambeau de ce héros de papier que tu étais fut un temps. Les insultes fusaient, ton père daignait même détacher son attention de son feuilleton pour traiter le petit de "bon à rien" ou encore de "honte à notre famille". Parfois, certains verres se cassaient et ton petit frère finissait souvent avec tes doigts en collier contre le mur de la salle à manger. Il ne comprenait pas, il ne comprenait rien, il venait à peine de sortir de son oeuf et voulait déjà être plus gros que le boeuf.
- Pourquoi tu n’es pas venu avec la petite?
- Maman, je te l’ai dit au téléphone, elle rentre de Jakarta fin d’après-midi. Je dois aller la chercher.  
- Ah oui Jakarta. Et pourquoi tu n’es pas allé avec?
- Parce que je travaille..
- Elle partie avec qui?
- Maman..
- Ça va, je m’intéresse. Tiens, reprend un peu de salade.

Comme à son habitude, le regard de ton père se perdait sur la télévision à écran plat qui diffusait des épisodes datés d’une série américaine à la con qu’il affectionnait. Il ne parlait pas et se contentait de mâchouiller un morceau de kesra. Il t’insupportait. Pourtant tu ne pouvais pas dire grand chose. Mohamed pianotait sur un smartphone dernier cri que tu savais payé par ses activités de branleur, tes parents n’avaient clairement pas les moyens de lui payer ce genre d’accessoire. Karim et Malik discutait du match de Marseille la veille pendant que ta mère commençait à débarrasser la table sans qu’un de vous ne consente à lever ses fesses et lui donner un coup de main.
Le déjeuner fut rapide, tu n’avais de toute façon pas le temps de t’attarder; tu devais te rendre à l’aéroport à 17h pour chercher Hortense. Avant de partir, tu remercias ta mère et lui glissas un billet de 500 au creux de la main en te hâtant de disparaitre avant qu’elle ne le refuse. Je t’aime maman!
En sortant du bloc, l’air lourd de l’été à la cité te prit à la gorge. Lorsque le soleil était encore suffisamment haut dans le ciel, Saturne avait la particularité d’être baignée d’un halo de lumière qui lui donnait un air de sculpture contemporaine à contrario des autres bâtiments. Elle dominait la cité. Avant de prendre la route, tu allumas une cigarette et t’assis sur la murette du parvis. Ton regard balayait ce qui lui était possible de distinguer, la cour était déserte. Seuls quelques clatz qui te rappelaient toi plusieurs années auparavant, sans réelles agréables réminiscences. Et là, comme un mirage, elle apparut. Elle était là et marchait félinement dans ses baskets et son pantalon moulant. Même derrière ses épaisses lunettes fumées, tu l’avais reconnu. C’était elle. La panthère de l’autre soir. Celle qui t’avait fait passer la plus fabuleuse de tes nuits. Elle s’approchait de toi. À quelques mètres l’un de l'autre à peine vos regards se croisèrent. Tu ne pouvais pas la quitter des yeux. Tu ne savais pas quoi lui dire, tu ne pouvais rien lui dire en fait. Alors tu te levas et marchas en direction du parking, là où GLC jurait avec les voitures en siècle qui l’entouraient.
Elle vivait ici. ELLE. Tu devais savoir qui elle était. Tu devais la revoir, par n’importe quel moyen. Connaître son identité ne fut pas une tâche compliquée, ici tout le monde se connaissait. Toi qui n’étais plus du coin, tu n’étais pas au courant des allées et venues des habitants.
C’est Reza, la petite soeur de Bias qui te mit au parfum. Elle s’appelait Kady. Elle avait 20 ans. Elle était ivoirienne et étudiait le commerce. La jeune t’avait donné son numéro. Tu devais la revoir. C’en était presque une nécessité. Non, c’était une nécessité. Mais cette fois-ci, le temps passé avec elle ne devait pas être tarifé.  

Citation :
Salut, je sais pas si tu te souviens de moi... On a passé une soirée ensemble à l’Hôtel Dieux. Je t’ai recroisé en bas de Saturne il y a quelques jours. Ça te dirait qu’on se revoit?
Bonne soirée.

Kamel


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MessageSujet: Re: l’amour à plusieurs (kady)   Dim 16 Aoû - 19:03

Le dimanche, c'est tranquille à la cité. Il est presque treize heures, les mamans rentrent du marché. Les petits préparent leurs bombes à eau; un soleil de plomb règne dans le ciel. Les teneurs de murs dorment encore, ils sortiront de leur tanière que lorsque le jour commencera à s'en aller. Ils ont du traîner dans le petit local du quartier qu'ils ont aménagé, ils ont du enchaîner les tournois de fifa. Puis ceux s'étant faits recaler de boite ont du les rejoindre. Du rez-de-chaussée, on les entend la nuit. Malik, il s'estime au dessus de ces gamineries. Malik il est à un an de la trentaine, il est plutôt respecté depuis que le Baron comme l'appelle Kady l'a pris comme son bras droit. Du coup, il est quasiment jamais là. Il n'aime pas dire pourquoi, mais ils le savent tous dans le quartier. Il cherche de l'adrénaline, provoque la légalité, flirte avec la vitesse et le danger en transportant les drogues dans des go-fasts venant des quatre coins de l'Europe. Malik il est tellement différent en famille, il est généreux; et puis sans lui et sans son argent sale, pas d'école de commerce. Alors quand il passe en coup de vent, qu'il refait son sac de voyage, elle lui sert son assiette de bouffe avec un sourire. Puis à chaque fois qu'il repart, il embrasse son front, celui de leur mère endormie dans le canapé et celui de Djibril et Oumou. Il leur donne vingt euros chacun, pour qu'ils s'achètent des bonbons. Puis il dépose une boite de Zanotti sur le lit de Kady. Et il repart.
Du coup, mis à part les grands du quartier qui lui demandent à chaque fois où elle part comme ça les samedis soirs, y'a pas grand monde pour surveiller Kady. Et ce dimanche midi, elle rentre d'une petite escapade vers des terrains bien que trop explorés, elle revient de Cannes. Aliyah a accompagné un riche russe qui avait envie d'exotisme et de compagnie. Kady elle, est partie faire du baby-sitting. D'ailleurs, elle est fatiguée, ses Air Max foulent le sable brûlant du square qu'elle traverse. Elle relève ses lunettes de soleil pour chercher son badge, ses clés dans les mains elle reprend son chemin. Et c'est quand elle approche du bâtiment, que son coeur manque de bondir de sa poitrine. C'est une hallucination ? La chaleur et la fatigue qui lui montent à la tête ? Sa marche ralentit, elle est sonnée, comme si on venait de lui donner un coup de poing en plein visage qui l'avait foutue k-o. Elle entrouvre la bouche, mais les mots ne sortent pas. Qu'est-ce qu'il fait là ?
Ses pensées embrouillées, elle a l'impression de tourner au ralenti. C'est peut-être parce qu'elle a tellement pensé à lui ces jours passés, depuis leur rencontre, depuis leur nuit inoubliable, qu'elle en devient dingue. Il a carrément envahi sa tête, jamais ça ne lui était arrivé. Jamais. Les clients se succèdent, se ressemblent; mais pas lui. Peut-être qu'il est venu la sortir de son merdier ? Peut-être que c'est lui son chevalier, en audi blanche ? Ou peut-être qu'elle se fait des idées. Puis trop vite, il s'en va. Sans rien dire, il se sont juste regardés, et le voilà déjà parti, envolé. Alors elle reprend ses esprits, et entre dans le hall. Elle prend l'ascenseur, rentre chez elle et balance son sac à l'entrée, enlève ses baskets et court dans son lit. Elle fixe le plafond, les yeux vides, la tête remplie avec son image.
Dix jours ont passé. Son sauveur n'était qu'un passant décidément. Elle devait l'oublier, et pourtant. Il était toujours là. Ses yeux, son nez, sa bouche, son sourire ancrés toujours aussi nettement dans sa rétine. Son portable vibre, numéro non enregistré. Elle plisse des yeux, pose le verre d'Ice-tea et le relit encore et encore. Le voilà qu'il revient. Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il veut ? La dénoncer ? En faire la risée de la cité, la pute ? Et comment avait-il fait pour la contacter ? Tant de questions sans réponse. Elle reste des minutes à écrire une réponse, effacer, pour réécrire, et encore effacer. Puis elle se décide enfin. Elle doit tirer les choses au clair.

Citation :
Salut. Oui, je vois qui tu es. Demain, café de la gare à partir de 15h je serai là.

Et depuis la veille, elle ne pensait qu'à ça. Le revoir. Kady avait à peine dormi. Installée dans le café, elle attendait, en touillant sa petite tasse emplie d'or noir. Le café brûlant glissant dans sa gorge lui tordit l'estomac. Elle but son verre d'eau d'une traite, sa basket tapant nerveusement du pied. Elle ne savait pas pourquoi il voulait la voir. Et ça ne lui importait pas. Enfin si, mais elle essayait de se convaincre du contraire. Si elle a accepté, c'est simplement pour lui dire qu'ils ne se reverront plus jamais, rien de plus.
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MessageSujet: Re: l’amour à plusieurs (kady)   Mar 18 Aoû - 11:14

Le message était parti si vite que tu n’avais pas eu le temps de peser le positif et le négatif de ce dernier. Et si elle ne voulait pas te revoir? Et si elle t’avait pris pour un client lambda, que l’effet qu’elle t’avait fait n’avait rien de réciproque? Et si elle avait pris ton message comme une nouvelle rencontre tarifée? Et si... Et si... Beaucoup de questions qui restaient sans réponses. Cette fille avait un truc, elle avait le diable au corps, elle était si belle et si outrageuse qu’elle t’en faisait presque peur, mais elle t’intriguait du plus profond de ton âme. Une créature formidable.
Une dizaine de minutes après, ton smartphone vibre au creux de ta main. À côté de toi, Hortense pousse un grognement ensommeillé. Ce même numéro pour lequel tu as composé. Demain. 15h. Café de la gare. Tu ne manquerais pas d’y être.
Tu le sais, tu ne fais rien de bon et ta future n’a jamais signé pour devoir endurer tes comportements indécis voire carrément irrespectueux. Tu ne veux pas la faire souffrir, car elle ne mérite pas ça. Pourtant tu ne pourras t’en empêcher. Regarde autour de toi, tu n’es qu’un homme.


Tes mains sont moites sur le volant de ton veau, de la vieille house music fait vibrer l’habitacle et c’est nerveusement que tu tires sur le quasi mégot de ta cigarette. Tu as l’impression de revenir une dizaine d’années auparavant quand tu donnais rendez-vous à des filles derrière le centre social pour que vous vous galochiez. Sauf que là, on était pas à la cité, tu n’avais pas 13 ans et il n’était pas question de galoche.
15h05, tu arrives à la gare. Avant de quitter la voiture, tu jettes un coup d’oeil à ton téléphone. 3 messages d’Hortense qui te demande si pour ce soir tu préfères qu’elle ramène sushis ou qu’elle prépare son saumon coco que tu aimes tant. *Soupire* Ne pas déranger.

Le café est miteux, mais en même temps il dégage une chaleur qui lui confère un aspect de cocon. Le vieux barman doit être le fils du fils du fils qui avait toujours dû tenir ce rad. Il posait un air bienveillant sur chaque personne qui pénétrait les lieux comme un papa.
Il y avait deux types de personnes qui fréquentaient les cafés de gare, les premiers indéniablement, les voyageurs, les gens de passage qui s’attablent pour quelques minutes avant de rejoindre une destination meilleure. Le deuxième type de personne, outre les poivreaux habitués, ne venait pas le visiter par envie mais pas nécessité, généralement il avait quelque chose à cacher, la rencontre était rapide et concise. On s’asseyait, on bafouait la politesse, on buvait un café en se disant ces choses interdites et on disparaissait. Aujourd’hui, personne n’était au courant que tu te rendait ici pour voir cette prostituée en portant défaut à ta future femme, pas même Jonas et aujourd’hui, tu allais prendre ce rôle.
Elle était là, assise à une table au fond de la pièce, ses doigts fins enlaçant une petite tasse de café, sa crinière relevée en un chignon décoiffé. Ton coeur déjà serré à son maximum se crispa un peu plus quand vos regards se croisèrent. Heureusement pour toi, tu avais cette capacité à paraitre totalement impassible alors qu’un brasier rongeait tes organes à l’intérieur. Gracieusement comme tu en avais l’habitude, tu tiras la chaise qui lui faisait face pour t’installer. Un simple "bonjour" eut le temps de filtrer à travers tes lèvres qu’une serveuse à l’air niais te demanda ce que tu voulais boire. Un whisky-glace. Tu veux quelque chose? Elle ne répondit pas à ta question.
Kady te dévisageait. Elle donnait l’impression qu’elle allait te gifler à n’importe quel moment, ce qui te mettait extrêmement mal à l’aise. Comme un flot incontrôlable, tes lèvres remuèrent alors que ta raison insultait toute ta famille de te dévoiler de la sorte. Mais en même temps, le silence devait être brisé puisque vous vous regardiez en chien de faïence depuis des secondes interminables. Tu sais, j’ai pas arrêté de penser à toi depuis qu’on s’est rencontré. Tu m’as fait un truc, un truc que j’ai du mal à comprendre. Ses pupilles te fusillaient du regard. Ses pensées étaient imperceptible et justement, tu ne savais pas si elle allait te gifler ou simplement se lever et partir comme elle était venue.
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MessageSujet: Re: l’amour à plusieurs (kady)   Mar 18 Aoû - 15:33

15 heures 04. Elle a désormais les jambes croisées sous la table, elle se sent mal à l'aise. Comme un poisson hors de son aquarium, elle en vient presque à suffoquer. Peut-être qu'elle devrait partir. Elle ferait mieux de rentrer. Son pied tangue dans le vide, frénétiquement. Oui, elle devrait s'en aller avant qu'il n'arrive, qu'il ne la regarde et qu'elle flanche. Parce que c'est mal. Il sait où elle vit, il a son numéro, il en sait beaucoup trop. Elle ne veut pas savoir pourquoi il veut la voir. Ça ne l'intéresse pas. Il n'est rien pour elle, il est insignifiant. Il n'est qu'un client parmi d'autres. Oui. Décidée, Kady inspire et prend son courage à deux mains, elle termine le fond de sa tasse et ordonne à son corps de se lever. Mais ce rebelle, il refuse d'obéir. Elle reste là, vissée sur cette chaise en bois verni, elle l'attend. Elle veut le voir, elle en a besoin; c'est carrément vital. Les mains crispées autour de sa tasse vide, elle fixe le fond tapissé de poudre noire flottant dans une petite mare. Elle s'insulte de tous les noms, elle s'en veut d'être aussi faible et de céder à cette envie idiote mais tellement forte de le revoir. La porte du bar s'ouvre, elle grince. Elle se fige et se rassoit correctement pour se donner de la contenance, recroise ses jambes encore une fois. Il est si beau, sa démarche est fière, digne. Il a un charisme évident, même un aveugle se retournerait sur son passage. Cet homme là dégage quelque chose de particulier. Et c'est ce putain de truc qui lui échappe, qu'elle ne peut pas contrôler, cette corde raide qui les relie qui l'attire vers lui. La corde se détend au fur et à mesure qu'il se rapproche, et elle est heureuse de le voir. Le peu de clients présents aussi sont surpris de voir quelqu'un comme lui, de si remarquable les honorer de sa présence. La preuve, tous ont levé les yeux vers ce jeune homme à la peau dorée, aux yeux verts-noisette et aux crâne presque nu. Il fait tellement irréel, tellement... Parfait. Trop beau pour être vrai, trop bien pour elle. On dirait un mannequin sortant d'un défilé. Hypnotisée, il est cette pendule qu'on agite devant les yeux, elle ne voit plus que lui. Elle suit sa démarche, ses pas au doigt et à l'oeil. Son cœur bat si fort, si vite, qu'elle l'entend résonner dans ses oreilles. Elle a froid, chaud, mais elle ne montre rien. Surtout pas. Elle se redresse sur la chaise encore une fois, se tient droite comme Sophie lui a appris, et le fixe. Elle le regarde s'installer, elle n'ouvre pas la bouche. Il la salue, commande de l'alcool, lui propose quelque chose mais elle est toujours muette. Le son de sa voix lui a manqué. Il sonne comme une berceuse familière. Elle se souvient d'eux, dans cet énorme lit, de leurs corps plaqués l'un contre l'autre comme des siamois. Lui qui lui caresse l'épaule, lui qui lui embrasse la tempe, lui qui joue avec les perles de son baya que tous ses clients adorent. Lui qui lui fait découvrir les plaisirs de la chair comme jamais personne ne lui avait fait goûter au fruit défendu. Elle aurait pu rester dans cette chambre, dans ce lit pendant des jours. À rire, discuter, s'embrasser. Elle se souvient de la manière dont il la regardait, de la texture de sa barbe sous ses doigts. Kady ne sait pas ce qui lui arrive. Elle ne comprend rien. Jamais elle n'avait eu tant d'appréhension à rencontrer quelqu'un. Jamais elle n'avait ressenti ce tourbillon dans le creux de son ventre, ce sentiment de légèreté et de bonheur complètement con de l'avoir simplement face à elle. Même son premier rendez-vous en tant qu'Aliyah, à côté c'était une promenade de santé. Il est enfin là pour de vrai. Mais aussi, inconsciemment, c'était comme si elle l'attendait depuis des années. Comme si elle était endormie jusqu'à ce qu'il débarque et vienne la réveiller il y a quelques semaines de cela, lorsque leurs regards se sont croisés. Depuis, elle se sent enfin en vie.
Ils passent leur temps à se regarder dans le fond des yeux. Leurs regards ancrés dans celui de l'autre, plus rien autour n'a d'importance. Tout ce dont elle s'inquiète, c'est qu'il remarque à quel point elle l'a dans la peau. C'est pour cette raison qu'elle recule un peu ses mains, pour éviter de frôler les siennes quand il prendra son verre; pour ça aussi qu'elle serre des dents, qu'elle s'engage dans une lutte intérieure contre ses désirs égoïstes et irréfléchis. Car il suffirait d'un contact, et elle en perdrait la raison. Elle en est persuadée. Que dire ? Kady lui laisse silencieusement l'honneur de débuter la conversation, après tout c'était lui qui voulait la voir. Et finalement, c'est ce qu'il fait. Et le plus incroyable, c'est qu'il formule exactement ce qu'elle ressent. Elle aimerait lui faire ravaler ses mots, lui dire que tout ça c'est faux; puis déguerpir dans la savane et ne plus jamais le recroiser. Elle aimerait lui dire qu'elle aussi bordel, elle aussi. Qu'elle veut l'embrasser là tout de suite et qu'ils partent ensemble loin de toute cette vie merdique.
Mais la vie c'est pas un film, encore moins un conte de fées. Elle n'est pas l'héroïne et il n'est pas son prince charmant. Il l'est pour une autre.
Je vois de quoi tu parles, moi aussi... Elle confesse presque honteusement, évitant son regard, sur un ton bas. Mais elle se reprend, elle nie, ignore ces désirs absurdes et secoue la tête. Lutte intérieure, deuxième round. Enfin bref, peu importe. C'est pas le sujet. Elle respire, prend son courage à deux mains et déballe ces mots presque automatiquement, comme un poème en prose terne et morne. Si j'ai accepté qu'on se voit, c'est seulement pour te dire un truc. Personne de là-bas ne doit savoir ce que je fais. Ça foutrait tout en l'air. Moi ma vie, ma réputation je m'en fous, mais pas de ma famille. C'est pour ça que ce serait mieux pour nous deux je pense... Qu'on ne se revoit plus. Elle a dit tout ça en faisant tourbillonner la poussière de café dans la tasse, nerveusement. Elle aurait été incapable de lui dire tout cela en le regardant dans les yeux de toute façon. Son ton était calme, posé, malgré ses mains qui tremblent presque. Elle avait appris ces phrases presque par coeur la veille pour se préparer. Mais aussitôt prononcées, elles étaient déjà regrettées.
Elle relève la tête, le visage neutre mais la voix presque suppliante. Je sais pas... Je sais pas ce que tu veux de moi mais je ferais n'importe quoi en échange de ton silence.
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MessageSujet: Re: l’amour à plusieurs (kady)   Jeu 20 Aoû - 22:46

Donc tu me penses assez idiot pour aller ébruiter ta situation dans la cité? Je vois. Tu essayes de paraître le plus détendu possible et pourtant au fond de toi, elle a passé un sacré coup de balai. Même si tu n’avais rien à attendre d’elle dans le fond, tu étais presque déçu, tu avais vu en cette fille un échappatoire à ce futur mariage qui ne te rendait pas plus heureux que ça, à tout ces petits trucs de ta vie qui te lassaient. Elle te rappelait la déesse Pandore, belle, gracieuse, séductrice, intelligente. Tu sais, je vais pas te forcer. Si tu ne te penses pas capable de m’accorder ta confiance, je peux comprendre, tu ne sais pas qui je suis après tout. Tu espérais du moins qu’elle ne sache pas qui tu es, à quel point tu avais pu être imparfait dans une vie antérieure, irrespectueux, vil et manipulateur. La cité était peut-être peuplée de milliers d’habitants, mais n’en restait pas moins très petite; un pet de mouche et tout le monde en parlait. En jouant la carte du mec compréhensif, tu te cachais derrière une quinte flush royale. Tu n’avais que ça à faire de toute façon. Cette fille te plaisait, elle te faisait vibrer, elle avait ce truc pour lequel tu aurais pu retourner le monde entier. Ce truc qui te donnait envie de la prendre par la main et de lui dire "ma belle je t’emmène". Rêve et réalité ne sont pas la même chose et la réalité n’est jamais prête à courber l’échine pour nos beaux yeux.
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MessageSujet: Re: l’amour à plusieurs (kady)   Ven 21 Aoû - 2:41

Depuis leur furtive rencontre en bas de la tour Saturne, Kady avait lutté contre son envie de dévaler les escaliers, aller interpeller les teneurs de murs sur l'identité de cet inconnu posé dans leur cité comme s'il était chez lui. Les allées et venues étaient toutes surveillées, raison pour laquelle Kady était très prudente. La cité, c'était comme une ville assiégée, merci aux guetteurs. Mais ça aurait été trop louche, ils auraient voulu savoir ce qu'elle lui voulait. Alors elle se contentait du peu d'informations qu'elle avait sur lui : Kamel, fiancé, vingt-cinq ans, manager. D'ailleurs, sa réponse la surprend. Il ne lui veut pas du mal. Au contraire. Elle essaie de deviner une quelconque once de malhonnêteté dans ses yeux caramel. Elle ne trouve rien, alors elle abandonne. Kady laisse tomber le masque impassible qu'elle portait jusqu'alors. Elle soupire en fermant les yeux, passe ses mains sur son visage, puis sur sa tignasse crépue qu'elle avait réussi à dompter en un chignon qui ferait pâlir une danseuse classique. Elle n'était pas maquillée, elle ne portait qu'une combishort fleurie à fines bretelles s'arrêtant au-dessus du genou. Il faisait certes très chaud, mais elle n'aurait jamais pu quitter la cité avec quelque chose de plus court. Alors elle supportait.
Lutte intérieure, troisième round. (Il est fiancé. Il n'est pas pour toi. T'es qu'une pute. C'est qu'un client. Passe à autre chose.) Mais elle fait l'erreur de se noyer à nouveau dans son regard, et perd sur k-o. (Rentre chez toi. Éloigne-toi de lui. Tu ne sais pas dans quoi tu t'embarques.) Et c'était ça le plus merveilleux. Cet abysse sans fond dans lequel elle s'apprêtait à sauter les yeux fermés, sa main dans la sienne. Cet homme est si mystérieux, si intriguant; il est l'ampoule brûlante, elle est le papillon bien trop curieux qui risque de se faire griller.
J'en ai envie... Je veux savoir qui t'es. Je veux te faire confiance. Ses mots dépassent sa pensée. Les dés sont jetés, Kady vient de s'engager dans un combat qu'elle n'est pas sûre de gagner. Elle ne connaît même pas son adversaire. Mais elle sent cette adrénaline qui monte et ce désir de tout donner. Elle a cette détermination dans le regard; dès le premier instant où elle l'a vu, elle lui a fait confiance. Il esquisse un sourire, juste là au coin de ses lèvres qu'elle a eu l'occasion de goûter. Puis il boit son verre d'une traite, fouille dans sa poche et jette un billet sur la table. Puis pris d'une allégresse soudaine, il se lève et lui tend la main. Elle la regarde, longtemps, puis elle le regarde lui. Elle a le cœur qui tambourine, elle se croirait presque dans un film.
Je fais sûrement une connerie mais... Viens avec moi. Ce n'est même pas un ordre; ils savent tous les deux qu'il n'a même pas besoin de l'obliger pour qu'elle le suive n'importe où. Elle se lève, attrape son sac et, ses doigts entremêlés aux siens, ils se faufilent hors du café comme deux adolescents ayant peur d'être pris la main dans le sac. Ils montent dans sa voiture. Elle se pince discrètement la cuisse. Elle ne rêve pas. Le moteur vrombit, il démarre. Un air de house résonne dans l'habitacle, reprenant sûrement là où il l'avait abandonné.  Quelques fois, ils échangent des regards complices, ils se sourient; puis il se concentre à nouveau sur la route, une main sur le volant. Elle ne prend pas la peine de lui demander où ils vont. Elle lui fait déjà confiance.
Puis il se gare, devant un haut immeuble de briques rouges. Ils sont à la lisière de la zone industrielle de la ville, dans une rue qui semble hors du temps.
Ouais gros, t'es à l'atelier là ? Parce que j'en ai besoin aujourd'hui. Ouais, juste cette aprem. Merci mec, j'te revaudrai ça- Ouais ouais, avec la bouffe à ma daronne si tu veux. Vas-y à plus.
Il ricane et raccroche, tourne la tête vers elle et sans un mot, leurs sourires parlant pour eux, ils descendent de la voiture. Ils arrivent devant la grande porte, il compose le code d'entrée après l'avoir regardé sur son smartphone. Puis ils entrent dans le hall frais et spacieux, bien qu'il ne soit pas en bon état. Ils s'enfoncent dans le long couloir et il va piquer un trousseau de clés caché dans le compteur à gaz. Réflexe étonnant, qui intrigue Kady. Ça fait partie des caches des petits trafiquants. Dans un lieu pareil, c'est surprenant. Et puis, surtout venant de lui. Mais bien trop excitée, elle laisse ses questions de côté. Elle veut savoir ce qu'il lui prépare.
Bruit de clés, porte qui s'ouvre, Kady se retrouve dans un immense loft complètement refait à neuf, mais qui a gardé ses murs en briques rouges. Elle s'avance, timidement. Elle n'avait jamais vu un endroit pareil.
C'est l'ancien atelier du père à Maxence, que t'as vu l'autre soir. Il est peintre mais il vit à New-York maintenant. Donc on vient squatter parfois. Kamel explique.
Ça explique les tableaux aux murs, les sculptures avant-gardistes un peu partout qui font un contraste détonant avec le mobilier ultra design et les structures métalliques.
Cet endroit est atypique, innatendu. Comme eux.
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